Un événement au service de la société

Dans le contexte des démocraties européennes caractérisées par le pluralisme, la manifestation d’hier contre la visite du Pape à Madrid à l’occasion des Journées Mondiales de la Jeunesse est l’occasion pour nous de rappeler que cet événement ecclésial ouvert à tous a un impact social et politique incontestablement bénéfique pour toute la société. En effet, ici, comme dans toute proposition chrétienne, les jeunes sont invités à réfléchir à la manière de s’engager toujours davantage de manière concrète au service du bien commun.

Par jmj2011 - Publié le 18 août 2011

L’arrivée du Saint-Père a Madrid a donné lieu hier à une manifestation de la part d’opposants à sa venue, qui associait jeunes « indignés » et diverses associations.

La tenue même de cette manifestation ne doit pas être remise en cause : c’est la force des démocraties que toutes les opinions puissent s’exprimer sans contrainte.

Il faut en revanche condamner la violence lorsqu’elle survient, quel qu’en soit l’auteur. Ces actes ne doivent pas obscurcir le légitime débat qui existe, et auquel nous avons contribué.

A ce jour, les jeunes pèlerins des JMJ 2011 vivent l’événement dans une atmosphère apaisée, conscients toutefois des difficultés de la jeunesse espagnole. Il est juste de redire que l’ambiance à Madrid est très festive et joyeuse.

Les Journées Mondiales de la Jeunesse sont un rassemblement unique dans le monde, qui fait tourner les regards vers Madrid. A côté des temps de prière et de célébration, les jeunes y sont invités à réfléchir à la manière dont ils peuvent s’engager pour contribuer au bien commun.


Portraits de jeunes « jmj-istes » engagés dans la société au nom de leur foi

En ce moment à Madrid :

Ines Minin accompagne les jeunes de Saint-Denis (93) aux JMJ cet été. Issue de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, son engagement a été un tremplin vers son implication dans les sujets de société.

Son but : aider les jeunes de tous bord et en particulier les jeunes des quartiers populaires. La JOC a par exemple organisé des tournois de football de quartier afin de rapprocher les populations, et les aider à se connaître davantage dans la tolérance et la solidarité. Son service pour l’intérêt des jeunes l’a ensuite poussée à travailler avec Martin Hirsch pour le gouvernement français à la mise en place du service civique. Service qui vise à inciter les jeunes à s’engager dans un volontariat et s’impliquer dans un projet d’utilité sociale. Aujourd’hui, elle travaille à la CFDT et milite pour la syndicalisation des jeunes afin qu’ils soient armés pour veiller à la dignité de l’homme travailleur.

Impliquée dans les mouvements sociaux de travailleurs, elle comprend les « rebellions » de jeunes face aux institutions mais condamne les détériorations de matériel ou les violences et effets néfastes : « il ne faut pas bloquer l’économie d’un pays car seuls les travailleurs en seront les victimes ». Ces jeunes cherchent à trouver une place dans la société mais il ne faut pas oublier qu’ils sont l’avenir de la société. C’est donc à eux de la faire avancer. En cela, l’enseignement social de l’église est à son avis un bon support, puisqu’elle incite chaque individu à s’épanouir dans son travail. « Le travail est fait pour l’homme et non l’inverse ! ».


Christelle Lossois a 26 ans. Après des études de communication, elle travaille au Secours Catholique, où elle s’occupe d’emploi et de soutien aux prisonniers. « Ma foi ne peut être déconnectée avec les réalités du monde et les problématiques actuelles de la société. Comme toute personne je suis incarnée et je vis dans une société donnée, dans un lieu particulier. La religion catholique donne à l’homme la primauté. Pour moi être chrétien sans chercher à ce que la dignité de l’autre soit respectée n’a pas de sens. « Qu’as-tu fais de ton frère » disait Jésus, sans aucune distinction sociale, éthique ou confessionnelle. Ma foi est motrice et m’invite à chercher à comprendre toujours davantage le monde dans lequel je vis et donc aussi les personnes que j’y rencontre. Quand, au boulot, je rencontre une personne en difficulté cherchant un hébergement, ou adressant une demande d’asile, le premier réflexe n’est à pas de demander sa religion. Nous vivons la mondialisation de fait, les interdépendances sont complexes et je ne crois pas qu’il y ait des choix simples. Cela dit, je pense qu’il peut y avoir des freins à l’engagement. Il est important, en tant que jeune catho ou non de s’engager et pour faire changer les choses qui nous révolte et que nous trouvons inacceptable. »


En ce moment en France :

Adrien Honda-Bonhauser est responsable du pôle Solidarité/Service Civique à la Conférence des Evêques de France : « L’Église a toujours encouragé l’engagement au service de la société et pousser l’Homme à aider son prochain. Elle attache aussi un grand intérêt à la Jeunesse et à sa formation, invitant tous les jeunes à s’engager au service des autres à tous les niveaux, notamment dans l’action sociale et politique. Il était donc logique que l’Église catholique en France apporte son plein soutien au Service civique, dispositif mis en place en 2010 qui permet à un jeune de s’engager dans une association dans un but d’intérêt général. Par cet engagement, la mission qui sera confiée au jeune et l’accompagnement prodiguée par l’association, le jeune découvrira la beauté du Service, d’autres réalités que la sienne, gagnera en confiance en lui-même… en un mot : il en sortira grandi. Et nul doute que cette expérience aura un impact profond en lui dans sa manière de vivre par la suite. Ainsi beaucoup d’anciens volontaires deviennent des bénévoles une fois leur Service civique terminé.

Afin d’accompagner ce dispositif, une Plate-forme Ecclésiale pour le Service Civique a été lancée par la Conférence des Évêques de France et 14 organismes d’Église. Cette plate-forme favorise la coopération entre les associations et place le jeune au cœur de l’action de ces dernières en matière de Service civique. »


Pierre-Eloi Piganeau : Versaillais, ingénieur, ancien chef scout, qui vit depuis 3 ans au milieu des cités sensibles, avec l’association "Le Rocher Oasis des Cités". Marié, père de famille, il poursuit son engagement avec sa femme au cœur même d'une cité des Mureaux (78). De nombreux diacres, prêtres, religieux et religieuses sont également engagés au service de la société.